Grande Mosquée
de Marseille (projet)

 DOSSIER  Délibération 16.7.07, pp. 1 &  2 - Lettre à Frédéric Dutoit, élu PCF, 4.06 - Mosquées & Baux Emphytéotiques, 6.07
Dernière. Gaudin chouchoute l'UOIF ?  Le MNR13 a déposé un recours au TA (14.9.07)  - 1er jugement du Tribunal Administratif -


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"Deux  équipements pour Marseille, un centre culturel & centre cultuel"
mise à jour, 5.9.08
ARGUMENTS LAÏQUES   - Lettre de "LAÏQUES" à Frédéric Dutoit, alors député-maire PCF de Marseille
(15e-16e arr.)
expliquant, en avril 2006, notre refus de l'offre "aux musulmans" d'une salle de 3 000 m²"
- Jugement du
Tribunal Administratif
de Marseille
, 17.4.07
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www.DroitDesReligions.net
Gaudin Akbar !



Le maire UMP de Marseille la veut à tout prix, sa grande mosquée,
à moins d’un an de la prochaine élection municipale.
En 2006, son conseil municipal, à la quasi-unanimité (bravo la gauche !) avait voté un bail emphytéotique des plus avantageux à l’association « La Mosquée de Marseille ». Ce contrat comprenait la jouissance, pour 99 ans, d’un terrain municipal de 8.600 m² pour la somme de 300 euro par mois ! Saisi par trois partis d’extrême-droite [en juin 2005, la "FNLP-Libre Pensée" annonçait un recours, dont on est sans nouvelle depuis], le tribunal administratif, à la grande fureur du maire de Marseille, avait annulé la délibération. Ce tribunal notait que "la ville de Marseille n'apportait aucune explication probante sur les modalités de calcul du loyer fixé" et la première estimation locative du terrain était de 140 000 E.

Ce 16 juillet 2007, le conseil municipal de Marseille était donc amené, pour la deuxième fois, à se prononcer sur la construction de la Grande Mosquée. Les règles avaient un peu changé depuis le premier revers cinglant subi l’année précédente [voir le texte, p. 1 & 2].

Le bail ne courait plus que pour cinquante ans, et le loyer était passé à 24 000 euros par an (nouvelle estimation des Domaines). Le grande mosquée occupera un espace de 3 500 m2, sur un terrain municipal de 8 600 m2. Elle sera équipée, d’un minaret de 25 m de haut, et pourra recevoir la visite de 5 000 fidèles. Gaudin akbar !


Déjà 62 mosquées

Il faut savoir que Marseille compte déjà 62 mosquées, pouvant accueillir 13 140 musulmans. Il y aura, d’autre part, la construction d’un espace commercial et culturel (doit-on comprendre de la nourriture halal et des librairies Tahwid ?) dans ces quartiers nord de Marseille.

Ce qui pourrait entraîner une autre subvention municipale pour l'espace "culturel". Rappelons que cette municipalité a déjà payé la mise aux normes des lieux de cultes musulmans (moyennes mosquées de la ville), et qu'un autre bail emphytéothique est prévu, sur le même terrain, pour une école catholique, sans oublier que les fondamentalistes de l'UOIF ont un projet d'école musulmane dans ces mêmes quartiers.

Les arguments du maire de Marseille, pour justifier son acharnement, sont souvent curieux.

« On ne peut pas avoir une ville où on brûle moins de voitures qu'ailleurs si l'on ne tient pas compte de l'équilibre des communautés ». Mamma Galledou, cette jeune étudiante brûlée à 80 % dans l’incendie criminel d’un bus appréciera sans doute à sa juste valeur les propos du maire de Marseille. De même que les habitants de Strasbourg, qui ont le double privilège d’avoir une grande mosquée, et, tous les ans de réveillon, le record du nombre de voitures brûlées (à Marseille, on préfère le 14 juillet, notait un quotidien local).


On compte les croyants "au pif"

Gaudin estime à 200 000 le nombre de musulmans qui habitent sa ville (soit un quart de la population). Tout comme ceux qui affirment qu’il y aurait 5 millions de musulmans en France, il n’a pas l’air de concevoir qu’une personne de culture arabo-musulmane puisse être athée, ou membre d’une autre religion. Un sondage récent indiquait qu'il y avait en France 4 % de musulmans (et 3 % de protestants), ce qui donne 2 millions 400 000 fidèles de l'islam (sur 60 millions de Français). Une fois encore, à Marseille, comme à Paris, on estime "au pif", sans aucune donnée scientifique, le nombre de croyants d'un culte, ce que dénonce la démographe Michèle Tribalat, de l'INED !
[Suivant les intervenants et les media, le nombre de Marseillais "musulmans" est de : 100 000, ou 150 000 ou 200 000 !]

« Dans cette ville et tant que je serai maire, tout le monde a droit à un lieu de culte significatif. C'est la dignité, le respect des valeurs de la République », ajoute le maire de Marseille. Pourtant, le maire de Marseille a pris depuis longtemps des libertés avec les valeurs de la République. Quand il ne se fait pas prendre la main dans le sac par le tribunal administratif, sur son premier projet de grande mosquée, il finance l’association communautariste « Marseille Espérance » (locaux fournis, tous frais payés, ainsi qu'un conseiller municipal délégué à Marseille Espérance, et aux relations avec les communautés !). Fondée par Vigouroux, en 1990, et institutionnalisée par Gaudin lui-même, depuis, cette association, constituée de responsables de sept cultes (Arméniens, Bouddhistes, Catholiques, Juifs, Musulmans, Orthodoxes grecs et Protestants), est totalement subventionnée par la mairie, au détriment de l’article 2 de la loi de 1905, qui affirme que « l’Etat ne salarie, ne subventionne ni ne reconnaît aucun culte ».

Le préfet des Bouches-du-Rhône, un certain Michel Sappin, vole au secours du maire de Marseille, en se permettant de qualifier de « relents racistes » toute attitude de celles et de ceux qui entendraient s’opposer, encore une fois, au projet de Jean-Claude Gaudin, qui se dit décidé, s’il le faut, à aller défendre devant le conseil d’Etat, son projet.

Au-delà de l’épisode marseillais, plusieurs questions mériteraient d’être approfondies.

En France, jusque dans les années 1980, il n’y avait aucune demande de construction de lieux de culte, et la foi reculait régulièrement devant la Raison.


Des mosquées pour les croyants ou pour les politiques ?

Pourquoi, depuis une vingtaine d’années, y a-t-il une recrudescence de demandes de constructions de mosquées (et par qui sont-elles formulées : croyants ou politiques) ? Combien ont-elles été construites ? Quelles sont les conséquences, dans la vie quotidienne, de la construction d’un nouveau lieu de culte, et notamment d’une mosquée ? Faudra-t-il, après les demandes de constructions de mosquées, accéder à celles de temples évangéliques protestants, de synagogues, et à d’autres cultes qui réclameront, eux aussi, leur place dans l’espace public ? La conception laïque peut-elle se satisfaire de cette multitude de demandes, et du marquage de l’espace public que cela occasionne ? N’y a-t-il pas une meilleure utilisation des terrains publics, pour l’ensemble de la population, que d’en céder la gestion pour cinquante ans à un culte (et qu'ensuite cela devienne propriété de la collectivité municipale qui aura la charge financière de l'entretenir) ?
Depuis 1930, des baux emphytéotiques (officialisés par un texte public de 2006, dans le code de propriété des personnes publiques) sont conclus avec de nombreux cultes pour la construction d'édifices cultuels, d'abord avec l'église catholique, puis avec la plupart des cultes - discrètement. En 1960, des prêts bonifiés de la Caisse des dépôts et des consignations ont été accordés à divers cultes. Etc. Des entorses à la laïcité répétées, justifiées au nom de la "liberté du culte" par la direction du bureau des cultes du ministère de l'Intérieur ! Lors d'un débat de la campagne électorale, Mme Pécresse (actuelle ministre UMP des universités), défendant le candidat Sarkozy, voulait en finir avec ce "bricolage" qu'elle considérait comme "hypocrite", et voulait un financement officiel des constructions des lieux de culte (c'est à dire sans limite) : révolutionnaire ! Le socialiste (et réformiste) Glavany préférait s'en tenir à ces "grignotages" cléricaux de la laïcité. Méthode dure contre méthode douce.

Mais Gaudin, ancien prof de l'école catho, est bien loin de ces réflexions. Il y a bien longtemps qu’il se moque des idéaux républicains, qu’il bafoue en les évoquant, lui qui avait déjà passé un accord en 1986 avec le Front national pour prendre la Région Paca. Gaudin est la caricature de ces élus qui confondent, pour des raisons clientélistes, la laïcité avec l’égalité des religions, et qui instrumentalisent l’islam pour en finir avec la loi de 1905, le non financement des cultes, et la séparation du religieux et du politique.

Une gauche digne de ce nom, et de ses idéaux, à Marseille, au lieu de voter les yeux fermés tous les projets de Grande Mosquée du maire de Marseille, ferait bien de lui rappeler ces quelques fondamentaux de la République.


Pierre Cassen & Philippe Isnard / Respublica
avec les équipes de www.laicite.biz (ufal.fr
- laiques.frlaicite2.fr)

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Voir aussi la Lettre à J.-Claude Gaudin, sénateur-maire UMP de Marseille, par l'Observatoire de la Laïcité du Paix d'Aix


Mais, qui veut d'une grande mosquée ?

Il faudra trouver 8 millions d'euro pour rénover le bâtiment.
Et l'association "la Mosquée de Marseille"compte sur 1 ME de l'Algérie, 1 ME du Maroc, et sur l'Arabie Saoudite... On est loin du compte et de l'argent français que certains réclament. Et plus grave, la mésentente  de divers islams : "diversité des croyants", concurrence avec des "imams régnant sur de petites mosquées"...

On peut s'interroger sur la représentativité réelle de l'association promotrice, sur le désir réel de la grande majorité des croyants (de nationalités et de courants confessionnels très divers) à vouloir une grande mosquée. "Chez les musulmans, le projet ne fait pas l'unanimité." Ils "ne sont pas tous convaincus de l'utilité de cette construction essentiellement symbolique".
 (A SUIVRE)

(Voir : La Provence, Marseille,17.7.07 et Le Monde, 17.7.07)
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"Grande mosquée . Y-a-t'il un terrain d'entente entre élus et habitants ?" "Nous dans les quartiers nord, on prie pour avoir du travail, pas pour une grande mosquée ! Gilbert Gorce, président du CIQ [Comité d'Intérêt de Quartier] Calade", la Provence, éd. Marseille 28.2.06

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Recours juridique 2006.

-Rappelons, que "LAÏQUES" a toujours défendu la liberté de construction des lieux de culte, à condition de n'apporter aucun aide publique et de respecter les lois et règlements de l'urbanisme. Liberté de culte et Laïcité. Alors qu'à Marseille, MM. Gaudin (1e version) et Peyrat, à Nice, se sont opposés au principe de construction de grande mosquée. Maintenant M. Gaudin favorise ce projet avec des aides publiques !

[Extraits de Infos Laïques 2006] "Le FN contre la mosquée. Extrême-droite". "(le FN) est venu déverser sa haine", "contre le projet de contruction d'une grande mosquée dans la ville, jugeant notamment que la municipalité avait fait une "donation déguisée" en louant le terrain pour 99 ans pour une somme dérisoire". B. Gollnish et J. Blanc, secrétaire départemental du FN, ont annoncé avoir déposé auprès du tribunal administratif de Marseille une requête en annulation de la délibération du conseil municipal du 17 juillet 2006."  (la Marseillaise, éd. Marseille, 10.12.06)

Une brève navrante du quotidien progressiste. Le FN a une laïcité sélective concernant essentiellement les islams. Les catholiques et leurs intégrismes [la Fraternité Pie X à qui le Pen a rendu visite à Marseille] étant sans doute rangés dans les "traditions" françaises. Attendons le résultat de ce recours judiciaire jugé par un tribunal républicain. On aurait préféré qu'il soit déposé par des politiques qui se réclament de la laïcité. Aux actes laïques, citoyens et élus.

"Si tous les élus se sont cassés les dents à propos de la grande mosquée, c'est peut être qu'ils pensaient la communauté musulmane au singulier quand il n'y a pas grand chose de commun entre un Comorien pieux, un porte-parole de la bureaucratie d'Etat algérienne et Zouziba, animatrice d'une association d'insertion (...)", p. 266"Gouverner Marseille. Enquête sur les mondes politiques marseillais", Samson Michel
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Sources & Bibliographie

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- "Financement des lieux de cultes. Aménager sans bouleverser", [le Monde, 6.7.07, Stéphanie le Bars ]
- "Exemples de financement"
- "Les cultes se conteraient d'un toilettage de la loi de 1905"
- "En Alsace et en Moselle, les avantages du Concordat"

- " Michèle Alliot-Marie veut améliorer la formation des imams en France", [le Monde, 7.7.07, Stéphanie le Bars]
- "Une nouvelle génération soucieuse d' "adapter le texte au contexte" "

- "des mosquées menacées au nom de la loi de 1905", [Libération, 5.507, Catherine Coroller]
- " la position des deux candidats (Ségo & Sarko). Faut-il modifier la loi de 1905 pour permettre à l'Etat de subventionner la construction de lieux de culte"

- "La grande mosquée n'est pas au bout de ses peines. Conseil municipal. Le projet a été revoté mais risque d'être attaqué à nouveau. Et les financements sont absents", Laurent Léonard
- "Une copie revue et corrigée", Ch. F.-K.
- "le baromètre", L.L.
- "L'islam mérite mieux", billet d'humeur de Philippe Schmit, [La Provence, Marseille,17.7.07]


- "Le projet de grande mosquée de Marseille relancé", La Marseillaise, Marseille, Françoise Verna,17.7.07

- "La plus grande mosquée de France sera construite à Marseille" (à la Une). [Le Figaro, 17.7.07]
Marseille compterait "62 lieux de culte existants".
- "Nouveau feu vert pour la mosquée de Marseille", Aliette de Broqua
- "D'autres projets en cours à Montreuil, Fontenay-sous-bois, Limay et St-Denis", C.D.
- "Les établissements scolaires musulmans s'ouvrent au compte-gouttes", Anne-Marie Dorion

- "Une grande mosquée, pour quoi faire ? Après un premier échec, les élus de Marseille doivent voter, lundi, la concession d'un terrain pour l'édification d'une "mosquée centrale". Chez les musulmans, le projet ne fait pas l'unanimité.", Stéphanie le Bars
- "Vingt ans de tergiversations et de combats politiques", Michel Samson - [Le Monde, 17.7.07]


- "Le bail (emphytéotique) de la mairie de Montreuil est menacé d'annulation par le tribunal administratif"
Communiqué de presse de la mairie de Montreuil, mai 2007

- Proposition de loi de François Grosdidier, député UMP de Moselle, juin 2006,
"visant à permettre aux collectivités territoriales de construire des lieux de culte"

- "Ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006 relative à la partie législative du code général de la propriété des personnes publiques". Cette ordonnance apporte des précisions importantes sur le bail emphytéotique administratif et sur la visites de parties d'édifices affectées au culte

- "Traité de droit français des religions", éd. Litec, 5.03
- "La République, les religions, l'espérance", Nicolas Sarkozy (éd. du Cerf)
- Rapport de J.-Pierre Machelon sur "Les relations des cultes avec les pouvoirs publics", 9.06
- "Un siècle de laïcité", Rémy Schwartz, conseiller d'Etat, éd. Berger-Levrault

- Appel public : "1905-2005, Midi Laïque. Religions & Politique, Séparons-les Réellement !", de LAÏQUES, 6.5.05


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